Trekking jusqu'au camp de base des Annapurnas

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Népal - Kathmandu et Sanctuaire des Annapurnas
de Grouik et T'tit Bouchon, le 18-06-2007

Trekking jusqu'au camp de base des Annapurnas


Petit Flash Back sur notre arrivée au Népal...

Arrivés à la frontière Népalaise à 13h nous apprenons que le prochain bus pour Kathmandu, et d'ailleurs tous les bus de l'après midi qu'ils partent à 14h 17h ou 19h arrivent tous à destination en même temps : le lendemain matin à 5h. Un concept original : en fonction de l'heure de départ, les bus s'arrêtent plus ou moins longtemps la nuit pour dormir afin d'arriver systématiquement à 5h (faudra quand même m'expliquer l'intéret de prendre celui de 14h si c'est pour passer 10h à dormir sur le bas coté de la route... mais bon faut trop chercher).

Nous optons donc pour une sorte de Taxi Bus qui lui nous garantit d'arriver en 6-7h. Le dernier vient de partir il y a 15 minutes et il faudra attendre probablement plusieurs heures avant de trouver suffisament de clients pour remplir le suivant. Fatigués par le voyage et harrassés par la chaleur, moyennant un petit back-chich on arrive à faire arrêter le taxi parti quelques minutes plus tot et nous le rejoingons à une dizaine de km d'ici, grace a notre aimable chauffeur indien dont les services devaient initialement s'arrêter à la frontière Népalaise.

Dans ce taxi nous faisons la connaissance d'un français qui nous raconte qu'il vient de passer 6 mois à vivre dans une famille Indienne. Après avoir proné la nécessité d'un immersion totale pour pouvoir espérer comprendre la culture Indienne, alors qu'on vient de s'arrêter pour se restaurer dans un petit boui-boui sur le bord de la route, on le voit complètement partir en live et se mettre à hurler sur la serveuse comme quoi il y en a marre du riz, pourquoi ils bouffent que ca et puis le riz ca le rend malade d'abord... Sans oublier le fait que le fruit de sa réflexion à l'issue de cette première rencontre avec une Népalaise, une serveuse tout à fait aimable au demeurant, a été je cite "Mais ils sont encore plus cons que les Indiens ces Népalais" Bravo pour l'immersion bonhomme, change rien surtout :)

Arrivés a Kathmandu nous choisissons une petite guest house calme, un havre de paix dans un quartier à touristes en effervescence :Thamel une sorte de petit village aux rue étroites ou des maisons bicentenaires cotoient les derniers Night Clubs. Tous les 3 pas on vous propose gentillement mais inlassablement un taxi, un tuc tuc, du shit ou de l'opium.
Les petites devantures des boutiques affichent successivement : patisseries occidentales, copies (tres bien imitées) du nec plus ultra en matiere de matos de rando, tissus et vêtements de style Népali ou encore sculptures de Boudhas et autres Ganesh.


Le lendemain nous devons aller chercher Lol à l'aéroport mais impossible de bouger, l'ensemble du trafic est paralisé par une manif d'enseignants. On en voit un à la télé se faisant "légèrement réprimander" par des policiers, ces images doivent êtres filmées en ce moment même probalement a quelque centaines de mètres du quartier.
Pour la petite histoire le Népal était il y a encore un an une royauté, ses premiers pas tout frais dans le domaine de la démocratie sont encore quelque peu incertains et mènent ainsi assez régulièrement des débordements souvent réprimandés par la police ou l'armée qui semble présente à chaque coin de rue ici.

Mais au bout de quelques heures la situation se calme et apres avoir passé ces même heures coincées dans son taxi à la sortie de l'aéroport, Lol nous rejoint plein d'enthousiasme.
Apres un bon resto histoire de fêter dignement les retrouvailles, il s'agit de choisir le trek que nous allons faire. Après concertation c'est le camp de Base de l'Annapurna qui semble faire l'unanimité.

Maintenant la destination choisie, il s'agit de préparer ce futur périple à plus de 4000m d'altitude.
Au menu : une paire de chaussures de marche pour T'tit Bouchon, un duvet et un sac a dos pour Lol et des coupe vents en Gore tex pour nous trois.
Notez que malgré les tarifs relativement bas pratiqués ici, diminués encore après marchandage, le prix de revient de l'équipement sera revenu assez cher. Enfin surtout pour Lol, qui probablement victime d'un pick pocket lors de nos multiples essayages aura, en quelque sorte, troqué à son insu, contre ses bonnes affaires vestimentaires, son caméscope vieux de seulement quelques heures puisque fraichement acheté pour l'occasion au duty free de l'aéroport.

J'aimerais d'ailleurs en profiter pour saluer ici la philosphie admirable avec laquel Lol aura geré cette dispartion. Soyez certain que malgré mon expérience probablement inégalable en matière de perte d'objets de toute sorte, j'aurais été à des années lumière d'une telle maitrise de soi, mais peut être que la spiritualité Zen népalaise n'est pas complètement étrangère au phénomène...
Remarquez au passage à quel point le fait que notre ami Laurent nous ramène la remplacante de la dernière des trois cartes bancaire que nous avons réussi a égarer en moins de 4 mois, illustre parfaitement cette "expertise de la perte" que je viens de vous évoquer.

Fin du Flash Back.

Ca y est c'est le jour du départ pour notre trek en direction de ABC ( petit nom de l'Annapurna Base Camp )
Contre toutes recommandations du routard, afin de ne pas être dérangés par la sagesse de la population nous nous sommes refusés à employer les services de quelque guide ou porteur. Du coup, Grouik portera pendant une dizaine de jours un sac à dos gigantesque regroupant nos sacs de couchage, polaires, trousse de toilette, vetements, serviettes et autres produits anti-moustique. Un vrai porteur népali comme en témoigne cette photo :)


Au programme réveil à 5h, départ de Kathmandu à 7h en bus direction Pokhara.

Là, deuxieme infraction au programme proposé par les guides, plutot que de se reposer à Pokhara apres 7h de route, afin de commencer l'ascension apres une bonne nuit de sommeil, on prend directement le taxi direction Nayapul ville de départ du trekking, dernier bastion du bitume avant une étendue de roche et de verdure.
Juste le temps de faire demi-tour à mi chemin, histoire de perdre encore 2 précieuses heures en retournant à Pokhara, et surtout d'y faire faire les permis de rando que dont nous ignorions l'existe jusqu'à ce qu'au détour d'une conversation le chauffeur les évoque.
Vous retrouvez bien là notre sens commun de la préparation logistique assidue, pourquoi anticiper quelque chose quand on peut le faire à l'arrache.
D'ailleurs en parlant de préparation, après les permis et le taxi, nous comptons les roupies que nous avons en poche pour faire ce trek, et nous constatons avec effarement que nous n'avons plus que 200 rs. Soit 20 euros. Avec tout cet argent, et sans Laurent, nous aurions pu tenir une journée en comptant le logement et la nourriture... Pendant tout le trek , Laurent a donc du trainer 2 boulets et nous avancer tout l'argent nécessaire.

Nous voici à Nayapul, il est 17h. Après s'être quand même renseigné sur l'heure du coucher du soleil, nous enfilons nos sac et nous mettons en marche sous les regards quelques peu étonnés de la population locale. Il faut dire que conformément à tous les guides qu'ils soient papiers ou locaux, pour des questions de météo et de températures les trekkers ont plutot pour habitudes de commencer leur journée à 5h du mat pour terminer leur marche vers midi. Mais apres tout on n'a que 12h de décalage...

Juste le temps de trouver notre rythme de marche et déjà le soleil commence à disparaître, on s'arrête dans un petit village ou l'une des 3 maisons qui le compose est munie d'un petit dortoir destiné a acceuillir les randonneurs pour la nuit. Contenu de l'heure à laquelle nous sommes mis en route pas étonnant qu'on n'ait croisé aucun randonneur sur le chemin, par contre bizarre que le dortoir soit vide.. En réalité avec notre principe de n'avoir jusque là, pour ainsi dire respecté aucune des recommandations du guide nous nous retrouvons pour notre plus grand bonheur en complet décalage avec les autres touristes et ce y compris pour les points d'arrêt que nous faisons. Nous avons la montagne pour nous seul... et pour notre plus grand bonheur ceci va durer ainsi pendant tout le trek.

Le lendemain littéralement dopés moralement, après avoir passé l'essentiel de notre petit déjeuner à fanfarroner que fort de notre expérience de 2h de marche la veille, nous pouvions désormais dire sans doute aucun que nous allions "torcher" ce trek. Nous nous somme lavés au seau et à l'écuelle avec l'eau glacée provenant du torrent, a défaut de nous laver efficacement cette douche aura au moins eu pour effet de calmer quelque peut notre ardeur.

A 10h nous avons repris la route, et au bout d'une heure de marche a commencé une certaine prise de conscience : "c'est moi ou ca monte là ?"
Puis c'est le doute qui a commencé a s'installer: "et ca va être comme ca jusqu'au camp de base ? parce que là j'suis déjà complètement mort... ".
Après pas loin de 8h de marche nous arrivâmes complètement rincés à la destination que nous nous étions fixés avec tant d'entrain le matin même. A peine le seuil de la porte franchi des trombes d'eau ont commencé à tomber du ciel, au moins nous étions au sec et ceci nous remis du baume au coeur.


Il va sans dire que le lendemain matin, nous nous fixames un objectifs déjà beaucoup plus raisonnable que la veille. Sur la route nous nous sommes toutefois permis de faire un petit détour de 2h le temps de monter à Poon Hill un point culminant d'ou en théorie on était censé voir toute la vallée. Pour la hauteur ca il n'y avait pas de problème les 3200 mètres on les a bien senti passés, par contre la vue était complètement pourrie et du fait des nuages on apercevait à peine les neiges éternelles.
Ensuite ce fut encore grosse journée de marche, avec les courbatures de la veille en bonus toujours sur fond de montées interminables avant d'atteindre au coucher du soleil, Tadapani. Là devant nos yeux ébahis, malgré le froid ambiant T'tit Bouchon décida de prendre une douche, glacée bien évidemment. Autant vous dire tout de suite, qu'avec Laurent depuis notre première experience sous l'eau du torrent nous avions définitivement abondonné toute notion de douche, pour nous concentrer exclusivement sur la toilette a base de lingette. T'tit Bouchon nous rejoignit sur cette ligne de conduite à partir de ce moment là.

Les jours suivants ne furent pas plus faciles, les premières courbatures commencaient à disparaitre et d'autres apparaaissaient, avec en prime des ampoules. En revanche, nos corps commencaient à s'acclimater à l'altitude et au 7 à 11h de marche qu'on leur imposait quotidiennement.
Avec toutefois un autre phénomène dont nous venions de prendre conscience : plus on montait , plus on suait, plus on avait soif et plus l'eau était chère, on aurait dit que les prix étaient directement indexés sur l'effort à moins que ce soit simplement sur l'altitude. Et les prix ont ainsi rapidement grimpé jusqu'à atteindre 8 fois ceux de la valllée, jusqu'au moment ou carrément il n'y eu plus d'eau disponible en bouteille. C'était l'eau du torrent bouillie ou rien.
La suite se passa sans encombre et nous finimes par rejoindre le camp de base 5 jours en ayant vu des paysages incroyables, à couper le souffle, et pas seulement à cause de l'altitude.
Là pour la première fois nous ne fûmes pas les seuls à passer la nuit dans le refuge, faisant ainsi la connaissance d'un anglais, d'une américaine, de 2 Allemenands et l'équivalent d'un Mini Bus de Japonais.
Question d'honneur , il s'agissait maintenant de doubler tout ce petit monde à la redescente et on pouvait lire dans chaque regard la lueur de la compétition. L'objectif était d'arriver le premier aux sources chaudes situées quelques 2500 metres plus bas à environs 2 jour de marche afin de pouvoir profiter traquillement en solo du phénomène naturel.

La nuit au camp fut horrible, malgré les couvertures que nous avions réclamées en plus de nos sacs de couchages nous nous sommes gelés toute la nuit avec T'tit Bouchon, alors que dire du pauvre Laurent qui mort de fatigue s'était endormi avant même d'avoir recu une couette.
Résultat, nous étions levés aux aurores, spectacle éblouissant que de voir le soleil se lever sur le massif des Annapurna et faire fondre les petits stalagtites qui vous pendent sous le nez. Après un petit déjeuné à base chaussons au Mars et Snickers (spécialité du coin incroyablement savoureuse ) ayant "squizé" stratégiquement la toilette, nous attaquâmes la descente les premiers prenant ainsi de cours nos compétiteurs. Rien ne sert de courir il faut partir à point.
Mais l'épaisse brume qui la veille avait donné au paysage rocailleux un aspect presque lunaire, s'était maintenant dissipée pour laisser apparaitre des étendues de verdures. Ralentit ainsi par l'observation et une bonne centaine de photos prises du paysage, nous nous fimes rapidement doubler par les représentants des 4 nations adverses. Et vu l'allure qu'ils s'étaient imposés non seulement il fallait partir à point mais eu en plus il eu fallu courrir. Nous décidâmes du coup de changer notre fusil d'épaule, notre nouvelle stratégie : l'endurance. Ainsi lorsque les autres s'arretaient pour manger et bien nous, ben on s'arretait aussi pour manger (on allait pas se laisser mourrir de fain non plus) mais par contre lorsque les autres terminaient leur journée de folle descente vers 15h, nous on marchait jusqu'à 18h ou 19h.
Et c'est ainsi qu'extenués nous nous plongeames néanmoins les premiers dans ce bain naturel d'eau bouillante, tant attendu.

Après cette baignade, il nous a fallu 2 jours pour rejoindre la ville de Nayapul. Entre temps, T'tit bouchon s'est faite attaqué par une sangsue, qui, on ne s'explique toujours comment, était arrivée jusqu'à son ventre. Heureusement, Laurent, premier arrivé sur les lieux du drame, n'écoutant que son coeur et avec le dexterité d'un autochtone ota la sang sue d'un coup de machette. Bon d'accord, je romance peut être un peu, la machette ressemblait plus à un bout de bambou mais il n'en reste pas moins que la chose avait la taille d'une grosse limace.

Bref, nous avons fini le trek en 9 jours, alors que dans tous les guides, la durée de notre parcours était de 12 jours minimum. Mais à la descente, on survolait littéralement le paysage, trop content d'en finir et de retrouver le confort de notre hotel, d'une bonne douche chaude, et d'une nourriture variée.
Il nous a bien fallu 3 jours à Kathmandu pour nous en remettre, avant notre départ pour la Chine.




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De gros bisous et toutes nos félicitations à Sorya et Son Hoa qui sont parents de deux magnifiques jumelles, Nelly et Léna.
Sans oublier Karine et Ouin et leur craquant petit Gaspard.

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Commentaires sur cet article
Mireille
De plus en plus impressionnant .......quel courage !! avez-vous fait des travaux chez le dentiste du coin !!! et Isabelle devait être terrorisée avec sa gentille sangsue....Toujours pareil, bravo et bonne continuation
bisousssss
 
maite
Waouhhhh...impressionnée je suis... je suppute donc que le trekk du Macchu Picchu sera easy. Bon, ben va falloir que je me remette au sport moi ;-) Continuez vous êtes supers !
 
helena
Merci Laurent d'avoir sauvés nos "boulets" adorés.
Tous les trois vous avez défié les règles de parfaits rendonneurs et encore une fois ça valait le coup !!
 

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