Japon - Kyoto et ses envirions, plus ou moins lointain
de Grouik et T'tit Bouchon, le 02-08-2007
Des daims, de la magie et des sumos
Attention cette page contient 3 vidéos et va peut être prendre un peut de temps a charger, les vidéos sont lisibles dés que le bouton play devient cliquable.
Nous profitons de notre départ pour Kyoto pour activer nos JR Pass. Ce sont des billets accessibles uniquement pour les touristes et qu'on ne peut acheter qu'en dehors du Japon. Afin de promouvoir des villes plus reculées, ces
billets vont nous permettre pendant 7 jours de circuler "à volonté" sur les lignes Japan Railway.
Nous voici donc à Kyoto, où nous avions la veille réserver 2 chambres au Hyatt. La maman de T'tit Bouchon ayant peur de se retrouver dans un "bouge", je cite, nous optons pour une valeur sure. Après un repos bien mérité , nous
sortons et rejoignons le quartier Gion, le seul qui ai l'air de bouger un peu.
Nous jettons alors notre dévolu sur un restaurant chinois sur les toits, et commandons une multitude de plats, dont 1 canard pékinois initialement prévu pour deux personnes.
Mais quand les parts de ce dernier plat arrivent : 3 ridicules petits morceaux de peau dans une assiette, c'est LE drame. Il faut dire qu'apres ces quelques jours passés a manger invariablement des nouilles dégueulasses, du
poisson cru ou des bols de riz blanc, nous vimes en ce resto Chinois notre salavation gastronomique.
Et après avoir mangé les généreux, que dis je, gargantuesques canards pékinois à Beijing, à la vue de cette pitoyable assiette, la déception était telle que nous nous allâmes jusqu'à rappeler le serveur pour voir s'il n'y avait pas une
erreur. Celui ci ne sachant pas trop quoi dire ramène le plat en cuisine.
On observe alors, un ballet de serveurs qui zyeutent notre assiette, dodelinent de la tête, se parlent chinois et manifestent chacun leur tour une incompréhension certaine... la scéne dure ainsi quelques minutes, jusqu'à ce que le
serveur en chef revienne en nous disant qu'il ne comprend pas le problème.
On s'étonne alors que la portion soit si petite. A son tour le serveur s'étonne qu'on s'étonne. Bref on ne se comprend pas, au bout du compte on nous propose de ne payer que la moitié du canard...
Noble geste certes, mais prenez à un gosse le jouet qu'il vient de recevoir à Noël, vous aurez beau lui glisser un bifeton, ca ne l'empêchera pas de pleurer... Aujourd'hui encore je vois ses yeux humides chaque fois que T'tit Bouchon
se remémore cette déception culinaire.
Le lendemain nous partons pour Nara, ville réputée pour être le sancturaire des messagers de Dieux, les daims. Nous commençons la visite de la ville par quelques jardins japonais, mais pas encore zen, et nous continuons par une
immense statue de Boudha, sous ce qui est soit disant, le plus grand batiment en bois du monde.
Il existe ici un passage dans un poteau, et quiconque passe dans ce trou est assuré d'aller au Nirvana. Barbara aura cette chance, comme en témoignent les images.
Après ça, nous sortons dans le parc, et découvrons enfin les daims. Grouik révait de les approcher et depuis le début de la journée, il ne cessait de nous demander " quand est ce qu'on va voir Bambi " ? Le voilà donc comme un
gosse.
Il en profite pour acheter des gateaux et les nourrir. Et là, une petite dizaine de daims s'approchent, et chacun veut sa part du gateau. Certains vont jusqu'à mordre grouik aux cuisses et aux fesses. Il s'en tirera avec d'énormes bleus.
Nous continuons à flaner dans la ville, qui regorge de temples, de parcs et de pagodes. Et faisons un peu de shopping, comme à chaque fois que l'occasion se présente. Grouik en profitera pour acquérir un tour de magie hoo combien impressionnant !!!
Désolé de vous montrer un tour aussi pathétique mais T'tit Bouchon en pleure de rire a chaque fois qu'elle visionne cette vidéo, alors à défaut de vous impressionner ça vous fera surement sourire...
Les jours suivants, nous visitons Himeji et son chateau entièrement reconstruit, et qui fait assez carton-pâte. Le soir, nous faisons une petite halte à Kobé afin de déguster son fameux boeuf, massé tous les jours à la main, et nourri
à la bière (c'est pas le bonheur ca ?).
Et là, j'ouvre une parenthèse quasi religueuse en souvenir de ce moment. Nous avons débarqué vers 18h devant un immeuble d'habitations dans une rue assez animée. Une petite vieille nous attendait en bas, après que le chauffeur
de taxi l'ait appelée pour connaitre l'adresse.
Elle nous a emmené au 5ème étage , et dans le dédale de couloirs, nous a fait entrer dans un restaurant sans fenêtres, où nous nous sommes assis autour du comptoir devant des plaques de cuisson. Après avoir commandé le
boeuf, nous avons regardé le cuisinier faire.
Il faisait revenir les morceaux de viande, les découpait en fine lamelle, et à la fin de la cuisson, jettait un filet de brandy et couvrait les morceaux, le temps que ceux ci s'imprègnent des vapeurs d'alcool, avant de disposer la viande
sur les petites plaques que nous avions devant notre assiette.
Ce fut absolument délicieux. Tellement bon qu'au final Grouik, Jean François et Barbara se seront enfilés pas loin de 600gr de viande chacun :)
Le lendemain, nous sommes partis pour Hiroshima. Malheureuement après 3 heures de voyage, la maman de T'tit bouchon, qui ne se sentait vraiment pas bien à cause d'une mauvaise grippe, a préféré rentrer avec Jean François.
Nous avons juste visité le Dome A, unique batiment encore debout après la bombre atomique du 6 aout 1945. La bombe a explosé en vol, à 600 mètres d'altitude, quasiment au dessus de ce batiment. En plus des degats dus aux
radiations, tout à brulé sur environs 2 kilomètres et 200 000 personnes sont mortes sur le coup.
On est resté assez incrédule en regardant les gens autour de nous, et en nous demandant ce qui pouvait les pousser à rester vivre sur ce lieu, qui est encore irradié plus de 50 ans après. Peut être la volonté de montrer que la vie
continue...
Après cette courte pause près du Dome A, nous avons poussé plus loin la visite en nous embarquant sur un bateau ( avec notre pass JR, allez comprendre ) direction Miya-jima pour visiter un temple qui se retrouve les
pieds dans l'eau à marée basse, et où là aussi, les bambis se balladent encore en liberté.
Le jour d'après, nous sommes partis à Nagoya, avec seulement la grosse moitié des effectifs. Maman préférait rester au chaud, et Grouik qui faisait la tête après :
- avoir été copieusement pourri par T'tit Bouchon ( version Grouik )
- avoir copieusement engueulé T'tit Bouchon, qui avait gentiment nettoyé son pantalon, et certes un peu trempé toute la jambe en voulant enlever une tache minuscule. T'tit Bouchon, qui n'a pas du tout aimé se voir réprimander
comme ça, a répliqué à l'attaque. Du coup, Grouik a préféré rentrer à l'hotel après une brève incursion à la gare.
Lors de notre passage à Tokyo, ma maman avait mentionné l'idée d'aller voir des combats de sumo. Et commencait à la mi juillet le tournoi de sumos à Nagoya. Qu'à cela ne tienne. Un petit tour sur Internet, je commande des
billets sur un site internet en Japonais, sans sytème de paiement, et en donnant comme adresse de livraison, celle de notre futur hotelà Kyoto. Autant dire que je doutais sérieusement que les places nous parviennent, mais à ma
grande surprise, quelques minutes après avoir pris possession de notre chambre à Kyoto, nous recevons un appel téléphonique de la réception, qui nous demande si ils peuvent charger la chambre des "SSS truc bidul Tickets".
Apres avoir répèté une bonne demi douzaine de fois cette petite phrase, devant notre air toujours aussi hagard au téléphone, la dame s'est pointée dans la chambre avec 5 "SUMOS" (c'est pourtant pas un mot compliqué) tickets en
mains...
Bref nous voilà installés, Barbara, Jean François et moi, dans le stade de Nagoya, quasiment vide à 11h du matin. Nous commençons de suite à chercher de quoi nous nourrir, et on n'a rien trouver d'autres qu'un petit coffret plein de
nourriture japonaise. On ne peut pas y échapper tout le temps...
Les combats durent en moyenne 30 secondes, pour 5 minutes de préparation, de salutation, de cérémonie. Le spectacle se terminant à 18h, on se dit que 9 heures de sumos, ça risque de faire beaucoup. Mais pas du tout...
Chaque nouveau combat amènant son lot de commentaires :
" Holala, mais il est drolement poilu pour un japonais !!"
" Ils portent des tongs parce qu'ils seraient bien incapables de faire leurs lacets"
" Faudrait que je commence à faire régime... mais en même temps quand je les vois, j'ai vraiment de la marge.... Ca branche quelqu'un une petite glace ? "
" Hooo, c'est vraiment énOOORme !!"
" Quand même elles sont bien agiles ces petites boules "
" J'aimerai bien le toucher lui, il a l'air tout doux "
" En fait, ce sont eux les inventeurs du string "
" Tiens mais il est pas japonais celui là !!... Comment il a fait pour se retrouver ici... il était trop gros, il trouvait pas de travail alors du coup il est venu faire sumo ici... "
Bref, que des commentaires hautement philosphiques.
Mais nous avons aussi appris des choses intéressantes sur les sumos.
Le sumo est un sport datant de 1500 ans, ayant des origines religieuses. Les premiers matchs sumo étaient des rituels dédiés aux dieux. D'ailleurs actuellement , au dessus du ring, appelé le dohyo, est suspendu un toit
représentant le toit d'un temple Shinto.
Les lutteurs de Sumo s'appellent des Rikishi. Et la règle est de forcer son opposant à toucher le sol du dohyo avec n'importe quelle partie de son corps autre que sa plante des pieds ou bien de le faire sortir du cercle , juste un doigt
de pied suffit. Il est interdit de donner des coups de poings, de tirer les cheveux, de viser les yeux, de donner des coups dans le ventre. Comme il n'existe pas de catégorie de poids, un rikishi peut se trouver contre un adversaire
pesant plus du double.
Il existe environs 800 sumos professionnels, divisés en différentes catégories. Il y a 5 tournois par an, de 15 jours chacun, et chaque rikishi se bat une fois par jour. A la fin des 15 jours, est déclaré vainqueur celui qui a gagné le
plus de matchs, et les rikishi sont reclassés dans les différentes catégories aux vues de leurs résultats.
Le rang le plus haut est celui de Yokozuma. Le rikishi arrivé à cette position, en ayant gagné au moins 2 tournois dans la catégorie suivante, ne peut en être démis. Si il a de mauvais résultats lors des tournois, on attend de lui qu'il
se retire.
Le rang des rikishis détermine le style de coiffure qu'il doivent porter. Cette tradition a été conservée à travers les siècles parce qu'elle permet aussi de protéger la tête en cas de chute.
Et plus le temps avancait, plus le stade se remplissait. En fin d'après midi, les sumos sont apparus moins gras, et un peu plus musclé, portant des culottes colorées, nettement plus belles que celles qu'on avait vu précédemment,
et faisant une cérémonie différente en lançant du sel sur le ring. Le stade était plein, et les gens commençait à crier le nom de leur favoris. Visiblement on avait devant nous les stars des sumos et l'ambiance était à son comble.
Voici un petit medley des combats.
Après ces quelques jours par monts et par vaux, on s'est dit que nos pass étaient bien amortis, et qu'on pouvait enfin se détendre un peu à Kyoto. Enfin, se détendre n'est pas le mot exact, vu toutes les choses qu'il y a à voir dans
cette belle ville.
On a visité le fameux pavillon d'or, enfin sa réplique, le vrai ayant été brulé. et aussi le jardin Ryoanji soit disant la "quintessence du jardin zen" où la disposition des pierres ainsi que les rainures du rateau sur le
graviers sont des plus parfaits pour la méditation...
mais nous sommes restés assez interdit devant ces quelques pierres et cailloux, non pas que nous soyons insensibles aux charmes de ce type de jardin, bien au contraire, mais celui là nous a paru particulièrement pourri.
Imaginez quelqu'un qui à l'aide d'un énorme rateau aurait tracé sur un rectangle de gravillons une cinquantaines de lignes parfaitement droites, et puis aurait négligeament balancé deux gros cailloux au milieu. Et voilà le travail, pas
une courbe pas le moindre brin de fantaisie, juste 50 sillons parfaitement parallèle. A ce prix là, nos champs de mais ne doivent pas êtres bien loin de la quintessence du jardin Zen.
Il n'en reste pas moin que Kyoto est vraiment une ville charmante, où au détour d'une ruelle on peut trouver un temple incroyable, ou bien en se promenant tard dans les petites rues, on peut croiser une vraie geisha qui s'engouffre
dans un taxi. Elles sont hélas très rapides, et le temps de sortir l'appareil photo, elles étaient déjà loin.
2 jours c'est court pour visiter la ville, mais il était déjà temps de se rendre à Osaka. Suite au prochain épisode.
Je me prépare aux vacances en regardant votre blog trés sympathique et qui me conditionne pour suivre vos traces avec une visite prévue au Vietnam.
En ce qui vous concerne,
Plus que 5 mois de découvertes de paysages somptueux, de villes nouvelles, de shopping débridé, de massages relaxants, de nourriture succulente (plus ou moins si j'ai bien compris) de détente et de franche rigolade.